Enchantée, on ne m'appelle pas, on énonce un semblant de son qui ne ressemble à rien pour s'adresser à moi. J'ai seize ans. Ne vous faites pas d'idées, je suis une adolescente en pleine croissance et comme le veut la période, je suis en crise d'existence. Mon langage devient « imprononcablement » créatif. Une telle preuve montre indubitablement une langue contemporaine très étendue. Je ne suis pas ingrate envers ma génitrice, je suis juste en conflit d'idées ce qui fortifie mon respect pour elle. Je ne suis pas superficielle, simplement, je ne veux pas blasphémer mes congénères en portant plusieurs jours de suite les mêmes vêtements. Mon vocabulaire n'est pas vulgaire, il est tout naturellement adapté à mes récepteurs. Mon comportement n'est pas inacceptable, il ne convient pas a certaines personnes. Contrairement à ce que quelques personnalités se vantent d'avoir rencontrer, je n'ai pas connu l'Amour. Celui qu'on définit comme heureux et infini. Ce qui s'en rapproche le plus, pour moi, a plutôt ressemblé à un sentiment de douleur et d'incompréhension. Ma plus grande affection se porte tout particulièrement aux personnes qui m'entourent, celles atteintes mentalement. Autant que je le suis évidemment. Celles-ci font apparaître une sorte de grimace sur mon visage, qui consiste à étirer ma bouche de part et d'autre, et qui est censée traduire la joie. Cette grimace survient de manière incongrue mais est inévitable pour me faire tenir durant mes journées. Mon temps libre est consacré principalement à vivre sur un fond de musique, écrivant quelques lignes ou à aller flâner dans les rues en compagnie de chers individus. Lorsque je suis en état de tristesse, et que j'attire leur attention, je vais probablement les envoyer balader, et leur ordonner de me foutre la paix. Mais si ils tentent de m'ignorer, ma haine contre eux sera inqualifiable. Je ne suis pas en manque d'affection, mais j'apprécie la présence de leurs bras qui m'entourent. Ce n'est pas l'originalité qui m'attire, mais la banalité qui me déplait .